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Historia Calamitatum
Homo Horibilis (la grotte -3-)
L'Ombre Triste
1793, partie -1-
1793, partie -2-
1793, partie -3-
1793, partie -4-
1793, partie -5-
1793, partie -6-
1793, partie -7-
1793, partie -8-
L'Amour Courtois.
La Guerre contre le Chaos
Juste un peu de musique...
Historia Calamitatum

 Historia Calamitatum

 

 

44@25806

Le jour vingt-et-un, du quatrième mois de l'an de graçe Mil Cent Quarante Deux...

 

Arrivé au terme de ma vie de pauvre pêcheur, désormais vieillie comme le monde, je m’apprête à dicter à mon disciple, témoignages des faits abominables et terribles qui m’ont été affligés à partir de ma vingt-neuvième année.

A partir de l’année du Seigneur 1108...

Ah ! Que Dieu m’accorde le pardon et me confesse les actes, pourtant si humains, que l’on m’a reprochés. Reprochés et si terriblement payés par ma personne…

Payés si abominablement, que même aujourd’hui, il semble pieu et charitable de taire.

Puisse ma mémoire ne pas trembler maintenant que je m’apprête à ressusciter le passée, et à raviver l’étrange malaise qui oppressa mon cœur durant presque toute ma vie….

     

 

                   Je naquis en Bretagne, près de Nantes, ma famille était des plus noble. Mon père, un homme fort bon, me donna la chance de suivre des études. Celles ci commencèrent à Loches, puis je les continuèrent à Paris dès 1100. Guillaume de Champeaux, l'archidiacre de Notre-Dame fût mon maître, mais rapidement, je ne cru plus en ses belles paroles et à ses théories. Je pris donc soin de le quitter et de partir vers Laon, ou, je puis poursuivre mes études auprès d'Anselme.

Mais déjà, le malin s'imprégnait de moi, quand je pensais à Guillaume,. Je le haïssais. Je voulais sa mort.

Je revins malgré tout à Paris deux an après, en 1102.

Devenu maître, je rompais mes liens avec l’école capitulaire de Notre-Dame et je fondais une école de rhétorique et de théologie en 1108. C’est cette même année, que notre roi Philippe passa de vie à trépas. Lui, le Roi excommunié...

Mes idées et ma philosophie me donnèrent grande renommée dans le monde des intellectuels.

Mais déjà, cela commença à me porter préjudice. Mes idées théologiques m’opposèrent dès lors à de grandes personnalités, éminemment importantes, saint Bernard et saint Thierry.

Mon malheur débuta alors, puisqu’on m’accusa d’hérésie.

Je fis à peu près à la même époque, la rencontre d’une fort belle jeune fille. Fort belle mais aussi intelligente. Trouvant l’affaire plus qu’intéressante, je me mis en pension chez son oncle Fulbert,  le chanoine de Paris, afin de diriger les études de la belle.

Mais la passion me fit tourner la tête. La confrontation du bien et du mal, de Dieu et de la Bête. Pourtant une nuit pluvieuse, j'enlevais celle que j'aimais. Nous retournâmes en Bretagne, au château de mon père. Là, Héloïse, me donna un fils : Astrolabius.

Après avoir longuement insisté, elle accepta enfin de me prendre pour époux.

Fulbert, lui, ne m’oublia pas. Il envoya ses hommes de mains pour se venger, et me mutiler. Je reçu de leur part, la punition réservée aux violeurs, la castration.

Mon malheur ne s’arrêta pas là. La discorde m’opposant à Fulbert, considérée comme vengeance privée, fit grand scandale en Royaune de France. On nous condamna tous deux à avoir les yeux crevés.

C’est pour cela, que Eudes, mon jeune disciple pose pour moi aujourd'hui, mes paroles sur ce parchemin.

Saint Bernard, l’abbé de Clairvaux, mon pire ennemi, jugea encore dangereuse mon influence et demanda au concile de Sens et au pape Innocent II de me condamner pour mon scepticisme et le rationalisme de mes écrits, ainsi que de mon enseignement.

Mon ami Pierre de Montboissier, abbé de Cluny, me fit l’honneur de son hospitalité. Et ce soir, dans ma cellule du prieuré de saint Marcel, accompagné de Eudes,  je vois venir la grande faucheuse couper le fil de ma vie.

Je repense une dernière fois à celle pour qui je fis tant de péchés …

Moi, qui était moine…

 

 

Avant de laisser sortir le dernier souffle de ma bouche, j'ai demandé à Eudes de retourner sur mes terres natales et d'y cacher en souvenir de moi, dans les maçonneries derriere la vieille chapelle en ruine, un petit présent. Puisse t'il durer étérnelement.

"En doutant nous venons à la recherche, et en cherchant, nous percevons la vérité".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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